La Palma

Pour la faire courte : La Palma c’est une île volcanique des Canaries qui risque d’entrer en éruption sur une faille fragile menaçant de décrocher un morceau de 500km3 de montagne dans l’océan provoquant un tsunami dévastateur. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?
Illustrateur

IllustratriceIllustrateur La mort d’un métier by Monsieurju-illustration et graphisme à Poitiers Cet article se base sur un bilan effectué après un an d’activité en tant qu’indépendant, plusieurs entretiens avec des professionnels du secteur et une étude du marché du travail dans le secteur artistique. La conclusion que je propose n’engage que moi et se veut objective malgré le ton un peu défaitiste de l’article. Bisous Déjà c’est quoi un métier ? C’est une spécialisation exercée contre rémunération dans un domaine professionnel définie. Le métier d’illustrateur comme celui de chanteur ou comédien est une profession artistique. On l’aura compris, un médecin soigne, un enseignant transmet, un artisan fabrique/transforme et un illustrateur alors ? Il donne forme à l’invisible ! L’illustration est partout, sur les réseaux sociaux, dans les jeux, les livres, les pubs, les applis … pourtant le métier s’effondre, économiquement et ontologiquement. Je peux rester des heures à créer une image avec mes gestes, lents, incarnés, imparfaits, humains. Ce qui « Est » l’illustration est devenue une anomalie. L’image est maintenant un produit jetable, consommable, sans auteur. Elle est partout et on dématérialise les auteurs. Les faiseurs d’images disparaissent La culture pour tous : OUI La culture du tout gratuit : NON Un métier doit faire vivre celui ou celle qui le pratique sinon ce n’est plus un métier mais un travail, une activité. Aujourd’hui les clients ne paient plus pour un savoir-faire mais pour l’usage. Le dessin est vu comme un « bonus créatif » et jamais comme une nécessité. La visibilité est la nouvelle monnaie d’échange Soigner les algorithmes, suivre les tendances, se limiter aux formats standardisés, créer des clônes stylistiques. L’art a commencé à décliner bien avant l’arrivée de l’intelligence artificielle et des générateurs d’images. Les règles ont changées et les artistes sont contraints d’être efficaces, vendeurs. L’originalité n’a plus de valeur Mais l’IA n’a pas d’imaginaire, elle ne ressent rien quand elle digère celui des autres pour produire sans comprendre. Elle alimente un marché visuel sans éthique, sans contexte, sans auteur. Au final ce n’est pas l’image qui meurt mais celui qui la pense Alors quoi, c’est foutu ? Selon un rapport du Sénat d’octobre 2024 sur la continuité des revenus des artistes auteurs : 75% d’entre eux touchent moins de 10K/an et seulement 10% environ 25K/an. Peut-on encore parler de métier ? (Texte n° 107 rectifié (2024-2025) de Mme Monique de MARCO, déposé au Sénat le 31 octobre 2024) Il faut redéfinir ce qu’est illustrer Ce qui sauve l’illustration ce n’est pas la technique, c’est le regard. Pourquoi je dessine ? Qu’estce que j’exprime que personne d’autre ne peut exprimer ? L’illustrateur ne doit plus être un fournisseur mais un médiateur entre le visible et l’imaginaire. Raconter, documenter, sublimer, provoquer Ne pas dessiner pour plaire mais pour faire « trace ». C’est une élément propre à l’humain qui le différencie de l’animal et aujourd’hui de la machine. Cette capacité à échanger de l’information, verbale ou visuelle dans le but de provoquer une réflexion qui influence nos actions, notre comportement et nous fait évoluer. Que se passera-t-il si nous ne réfléchissons plus ? Le métier d’illustrateur est peut-être mort mais la fonction d’illustrer est plus que jamais vitale L’IA nous a tout donné Les réponses, les images, les musiques, les histoires, mais elle nous a volé le « doute ». Sans le doute on n’apprend plus rien, on ne créé plus rien. « Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou » Nietzsche, ecce homo, 1888 Et si le métier d’illustrateur devait mourir pour renaître autrement ? Peut-être que demain, l’illustrateur ne sera plus un métier mais un engagement, un acte de résistance, créer pour résister à l’oubli. Quand le monde sera saturé d’images, l’illustrateur sera celui qui créé du regard, pas juste du contenu. Il faut redéfinir la fonction d’illustrer pour la réenchanter, la défendre. L’originalité n’a plus de valeur Mais l’IA n’a pas d’imaginaire, elle ne ressent rien quand elle digère celui des autres pour produire sans comprendre. Elle alimente un marché visuel sans éthique, sans contexte, sans auteur. Occulter la notion de service pour en faire un art nécessaire